« Le temps d’une rencontre »

Bernard Dupuy par Josy Herpe-Dupuy r [800x600] « Le temps d’une rencontre « 

Le château de Biron reçoit les artistes toute l’année, même en hiver.

Le château de Biron (XII ème), joyaux millénaire de la Dordogne est aussi depuis le 10 février 2018, le berceau de l’Art contemporain.

En effet, dans ce site à l’architecture imposante, le Département vient de créer une exposition d’hiver. « Il fallait trouver au Périgord, explique Germinal Peiro, le président du Conseil départemental de la Dordogne, un lieu prestigieux constamment associé aux grands évènements du pays pour promouvoir davantage encore la création contemporaine : le château de Biron, propriété départementale depuis 1978, restauré en grande partie par le Département, a été choisi en ce sens. Avec les expositions saisonnières au château de Biron, (50 000 visiteurs /an), on ne pourra plus dire qu’en Dordogne, il manque un lieu dédié à l’art contemporain ! »

Gérard Fiorretti, Luc Defontaine et Jérôme Anthoine exposent jusqu’au 21 mai leurs œuvres et en hommage à leur ami Bernard Dupuy Photographe périgourdin récemment disparu, présentent une cinquantaine de ses photos mettant en avant les thèmes qu’il affectionnait tout particulièrement. L’exposition de ce quatuor s’appelle « Le temps d’une rencontre »

Propice aux grands formats, le rez-de-chaussée du bâtiment des maréchaux accueille les œuvres de Jérôme Anthoine et de Luc Defontaine. Les créations notamment sérielles de Gérard Fioretti occupent la salle plus intimiste du pavillon Henri IV. Á l’étage, la salle des maréchaux est dédiée aux photographies de Bernard Dupuy. Elles sont regroupées autour de quatre grands thèmes : les paysages portuaires, les paysages naturels mais aussi habités, et les friches industrielles. Le pavillon Henri IV présente des œuvres en dialogue témoignant des liens d’amitiés et de collaboration que les plasticiens entretenaient avec le photographe et ce, au-delà de leur engagement artistique. Entre eux, il c’est tissé sur le long court, des liens d’amitiés, de collaborations et d’engagements artistiques. Cette exposition « Le temps d’une rencontre » a exploré ces échanges et en restitue maintenant avec émotion la teneur. Au total, plus d’une centaine d’œuvre ponctuent le parcours de la visite.Expo Château de Biron [800x600]

Légende photo : Germinal Peiro, Président du Conseil départemental de la Dordogne en compagnie des artistes Gérard Fioretti, Jérôme Anthoine, Luc Defontaine, Josy Herpe-Dupuy et Maëva Dupuy représentant Bernard Dupuy.

                                                             Bernard Dupuy

Dans l’exposition « Le temps d’une rencontre » au château de Biron, l’on peut apprécier le travail de Bernard Dupuy.

Bernard Dupuy a toujours mené de front inlassablement ses travaux de commande (musées, magazines, lieux culturels, publicité etc…) et sa pratique personnelle de création. D’un naturel discret, seul son travail le mettait en lumière. Son regard unique sur la nature, sur les êtres et les choses séduisait et nous révélait ce que nous ne voyons pas. Ses œuvres photographiques empreintes d’une belle sensibilité nous restituent aujourd’hui l’âme des lieux visités et des gens rencontrés.Bernard Dupuy par Josy Herpe-Dupuy r [800x600]

Cet hommage rendu au photographe par ses amis plasticiens Gérard Fioretti et Luc Defontaine n’est pas une rétrospective exhaustive de son travail, mais une sélection d’une cinquantaine de photographies mettant en avant les thèmes qu’il affectionnait tout particulièrement. Ses œuvres sont regroupées autour de quatre grands sujets : les paysages portuaires, les paysages naturels mais aussi habités et les friches industrielles. Une dizaine d’illustrations commentées donnent les clés de lecture pour une exploitation plus personnelle de son univers photographique._DSC3660 rs copie [800x600] _DSC3656 rs copie [800x600]

Légendes photos: Josy Herpe-Dupuy et Germinal Peiro Président du Conseil départemental de la Dordogne._DSC3645 rs copie [800x600] _DSC3647 rs copie [800x600]

En contrepoint, les liens d’amitié, de collaboration ou de création conjointe que Bernard Dupuy a tissés avec Gérard Fioretti, Luc Defontaine ou esquissés avec Jérôme Anthoine, organisent les rapprochements d’œuvres exposées dans la dernière salle du pavillon d’Henri IV. Figure, également dans cette salle, un exemple de la complicité artistique qui se jouait entre le peintre périgourdin Philippe Demeillier et le photographe. L’illustration commentée d’une œuvre révélatrice du lien qu’il entretenait avec chacun de ses amis clôture « Le temps d’une rencontre ».

                                                                Jérôme Anthoine

La salle des maréchaux du Château de Biron reçoit les œuvres de Jérôme Anthoine, peintre et sculpteur périgourdin, qui s’exprime dans ‘’l’agir’’.Jérôme Anthoine Rs [800x600]

Au sortir de ses études d’arts appliqués il travaille quelques temps dans la publicité avant de quitter Paris et de s’investir dans le professorat, tout en menant en parallèle sa démarche artistique. Cette dernière repose sur l’idée d’un équilibre du monde et de la vie. Dans sa peinture, il met en valeur l’association des contraires, du maintien de leurs oppositions et de leurs tensions. La coopération antagoniste entre le blanc et le noir, la forme ronde et la forme anguleuse, la ligne courbe et la ligne brisée, le figuratif et l’abstrait, occupe toute la surface de la toile. Elle révèle les forces en présence dans notre environnement, dans nos modes de fonctionnement et nos comportements à travers toutes ces contradictions battant régulièrement le rythme de nos vies. Cette confrontation des contraires opérée sur la toile fait figure de métaphore. Soucieux de son rôle « d’éducateur du regard », il souhaite déclencher une réflexion chez le spectateur afin que celui-ci entre en interaction avec ce qui se passe sur son œuvre._DSC3690 Rs [800x600] _DSC3545 Rs3 [800x600]

Des peintures et des sculptures de Jérôme Anthoine s’émanent des valeurs universelles et fondamentales, socles de notre humanité.

_DSC3550 Rs [800x600]

Légende photo : « Quelque chose accroche précise Jérôme Anthoine. », devant son oeuvre (Dix doigts), peinture et technique mixte sur toile de 2015. Et sa démarche exploratoire fondée sur la complémentarité et le jeu des contraires prend son envol.

                                                        Luc Defontaine

Dans le bâtiment des maréchaux du château de Biron, propice aux grands formats, Luc Defontaine expose ses œuvres.

Luc Defontaine par Bernard Dupuy

Luc Defontaine par Bernard Dupuy

Il découvre la peinture dès l’enfance. Très tôt, il trouve le contact avec la toile fascinant et porteur d’une promesse d’exploration pleine de surprises, d’émotions et d’aventures. Cette aventure picturale l’amène à se dégager de ses acquis encombrants pour se risquer à une peinture moins conceptuelle et se rendre à un moment où tout bascule vers l’inattendu. Il est alors, à ce moment là, dans une abstraction lyrique.

Á ses débuts, il est très inspiré par l’expressionnisme abstrait américain à travers la force du trait, l’intervention du hasard, et la liberté de la gestuelle. Tout en conservant ses influences, il joue sur la discrétion des tonalités et s’appuie sur la recherche d’un équilibre réglé sur un rythme d’apports de matière picturale sur la toile, et d’allègement successifs. La patiente diminution du superflu s’affine pour devenir une principale caractéristique de son écriture artistique : procéder non par addition de matière, mais bien plutôt par soustraction. Sur ses grands formats qu’il affectionne tant, l’arrachement partiel et localisé de la surface colorée mettant à nu la toile, trouve son achèvement lorsque la réalité physique de la peinture rejoint la quiétude d’esprit de son auteur et coïncide avec son monde intérieur.

Le travail résolument abstrait de Luc Defontaine invite le regard à parcourir la toile en empruntant des chemins toujours singuliers et provisoires d’où se diluent ou s’imposent des formes à peine entrevues, de possibles paysages, des suggestions d’architectures, ou encore des personnages.

                                                           Gérard Fioretti

_DSC3616 Rs2 [800x600] _DSC3583 Rs [800x600]

Gérard Fioretti, dont les origines sont italiennes, a commencé à créer des motifs d’impression pour la haute couture avant de trouver une totale liberté dans son art inclassable mais, clairement identifiable et parfois d’avant garde. En effet, l’artiste réalise toujours de nouvelles expériences pour aller au-delà de ce qui définit ces pratiques, mais pas seulement. Á partir de matériaux de récupération auxquels il donne une nouvelle vie, le plasticien réalise au fil du temps des ensembles totalement originaux, à l’image des surréalistes. Peintre, sculpteur, performeur, Gérard Fioretti travaille sur des supports improbables mais aussi sur la photographie et la vidéo. Ses orientations abstraites ou figuratives servent des thématiques variées inspirées par l’école, la préhistoire et la religion tout en ne se privant pas de dénoncer l’absurdité guerrière et les atteintes à l’environnement._DSC3565 rs copie [800x600]

Les œuvres présentées par Gérard Fioretti dans le pavillon d’Henri IV du Château de Biron témoignent d’un parcours à la création protéiforme dont l’identité s’est construite en s’appuyant tour à tour sur le jeu, la poésie et l’humour.Gérard Fioretti et Germinal Peiro Rs [800x600]

Légende Photo : Gérard Fioretti vit dans un monde divinement contemporain et pose souvent sur un fond de dérision, un regard poétique et amusé sur les êtres et les choses. Lors du vernissage, l’artiste explique sa démarche à Germinal Peiro président du conseil départemental de la Dordogne.

                                               « Le temps d’une rencontre »

     Une exposition à voir absolument au château de Biron en Dordogne,

                                                       jusqu’au 21 mai 2018

Texte et photos : Bernard Chubilleau