Catalina Martin-Chico photographe humaniste

_DSC2898 rsSon travail s’inscrit à la fois dans la tradition de la photographie humaniste et celle du photojournalisme documentaire. Son immersion depuis 2007 au cœur de la révolution yéménite lui a valu en 2011 le Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et une exposition au festival international Visa pour l’Image.

Catalina Martin-Chico publie dans la presse française et étrangère (Le Monde, Géo, Der Spiegel, The New York Times, Le Figaro Magazine, Le nouvel Observateur, VSD, Marie Claire, Elle ….) et elle est distribuée par l’agence Panos.

En 2019 à Périgueux, dans le cadre du Festival « Ôrizons » créé par le photographe périgourdin Nicolas Lux, elle expose son remarquable travail sur les femmes Yéménites soumises à l’homme depuis leur plus tendre enfance.

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« Je les suivais depuis 2007, grâce à quatre sœurs qui m’ont appris ce qu’est la vie d’une femme de 20 ans dans ce pays. Mais quatre années plus tard, à cause de la guerre et de la propagation d’Al Qaida, j’ai perdu leur trace. Elles ont disparues et leur portable ne répondait plus. J’ai du abandonner car cela devenait trop dangereux. Heureusement mon travail était abouti. Le Yémen reste aujourd’hui un des pays les plus traditionnels du monde musulman. Ces femmes sont victimes de lois discriminatoires encadrant leur vie dès leur puberté, lorsque le voile intégral devient pour elles, de rigueur. De leur naissance à leur mort, elles subissent la loi de l’homme traditionaliste. Dans ce pays, une femme ne vaut encore et ce légalement, que la moitié d’un homme. De plus, le mariage précoce y est largement pratiqué. Dans la guerre actuelle avec l’Arabie Saoudite, depuis 2014, les femmes prennent une part active, manifestant avec détermination et courage, soignant les blessés, pleurant leurs morts, et cherchant les moyens de survie.»

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Cette exposition est à voir absolument. Chaque œuvre raconte un fait, une histoire, dans une fascinante simplicité authentique, criante de vérité.

De la même veine, en 2017, Catalina, neuf mois après avoir réalisé ses premières photos du baby-boom chez les anciennes rebelles de Colombie, retourne dans la jungle colombienne pour visiter un camp.

Son travail traite de la vie des femmes ayant appartenues aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), groupe militant colombien d’extrême gauche, qui a officiellement déposé les armes en juin 2017, suite à la signature d’un accord historique de cessez-le-feu avec le gouvernement. «  J’ai souhaité explorer le processus de paix, ainsi que la renaissance d’une nation, par le biais d’une explosion du nombre de grossesses parmi les anciennes combattantes rebelles. 300 anciennes guérilleras, à qui le FRAC avait interdit d’avoir des enfants durant les 53 années de révolution, sont tombées enceintes. »

Elle est lauréate du Prix Canon de la Femme photojournaliste 2017 pour ce reportage réalisé sur plusieurs mois. Il lui vaut d’être nommée parmi les six finalistes du World Press Photo 2019 et elle y remporte le second prix de la catégorie des sujets contemporains.

Bernard Chubilleau

Le 18 mai 2019