Ici bas

Film français de Jean-Pierre Denis avec Céline Sallette et Eric Caravaca.
Fin 1943, sous l’occupation, sœur Luce, une religieuse à la dévotion et au dévouement exemplaires, est infirmière à l’hôpital de Périgueux.
« Je m’inspire librement du personnage, explique le réalisateur périgourdin. Je cherche à comprendre comment elle est passée de l’amour de Dieu à celui d’un homme. Et comment, une fois abandonnée, elle a plongé dans la désespérance. »
Portrait d’une figurante

Le film s’attache à faire revivre l’époque et ses tensions avec un soin particulier. L’action a pour cadre une nature magnifiée, de collines et de bois à l’automne. On retrouve dans Ici-Bas la patte de Jean-Pierre Denis, celle qui caractérise ses films depuis le premier, Histoire d’Adrien.

Ici_Bas
Quand le réel dépasse la fiction ! C’est un fait d’hiver, un fait historique extravagant, l’histoire vrai d’une passion durant l’occupation et le glissement d’une femme, une religieuse, du Christ à l’homme. Abandonnée par cet homme et abandonnée par Dieu elle sombre dans la désespérance, puis la haine. Le contexte est très lourd. La vie d’un chef de réseau à ce moment-là est estimée à six mois. Des lettres de dénonciations arrivent tous les jours à la commandature. A chaque instant la mort est au coin de la rue ou au bout du chemin.
Dans l’église St Front

La radio joue un rôle non négligeable car elle arrive à troubler et manipuler la religieuse. Celle-ci passe du trouble au désordre avant de basculer du ciel aux abîmes. C’est un film sur la trahison.

Portrait_d_une_figurante
Dans_l_eglise_St_Front
j_ai_porte_ce_film_en_moi_pas_mal_de_temps
J’ai éprouvé un grand plaisir à travailler pour la deuxième fois avec Jean-Pierre Denis. En effet, mon premier tournage en qualité de figurant était ‘’Champ d’honneur’’ en 1986. Sur le plateau, il est un dirigeant clair et très appliqué. La partition a été écrite ; il faut bien la suivre, tout simplement. Cela se passe généralement dans le calme et la sérénité. Après la première, j’ai porté ce film en moi pas mal de temps. La fragilité de la vie à cette époque, l’engagement sans faille de ces hommes résistants, la lâcheté des autres qu’ils soient religieux ou pas, la puissance d’un amour impossible, m’ont impressionné ! Les acteurs sont bons et généreux dans leur rôle respectif. Céline Sallette jeune comédienne signe là, une bien belle performance. Le territoire de Jean-Pierre Denis est beau.
Texte et Photos © Bernard Chubilleau

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