ANNE-SOPHIE MATHIS

ANNE-SOPHIE MATHIS

Anne-Sophie Mathis, licenciée à l’ASPTT de Nancy (Meurthe-et-Moselle), est sacrée Championne de France du saut en longueur à 13 ans. Mais, la boxe lui arrive alors en plein nez. C’est une chance, sa chance. Elle l’a saisie à bras le corps en y consacrant la majeure partie de son temps et tout son courage. Elle entre ainsi dans l’école de la vie en mettant sa propre peur K-O. Elle change son destin. Réussir dans la boxe, ce monde d’hommes et rester féminine sera son défi.

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Aujourd’hui, la boxe féminine est encore un nouveau sport âgé seulement d’une douzaine d’années. Anne-Sophie Mathis en est sa pierre précieuse. A 35 ans, elle est la plus titrée de la planète boxe, toutes catégories confondues, avec un palmarès étonnant, dont quatre titres de Championne du Monde.

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Nous nous sommes rencontrés en 2011 à Paris dans les locaux de Radio France International (RFI), en compagnie d’Aïda Ba (28 ans) Internationale de rugby à la belle personnalité. Attachée commerciale et éducatrice sportive, la 2ème et 3ème ligne de l’équipe de France est licenciée au club de Bobigny dans la région parisienne. Nous étions là, tous les trois pour participer à une émission de Zohra Sotty, parlant du sport pratiqué par les femmes. Ce fût une merveilleuse et enrichissante rencontre.

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« Moi, Bernard Chubilleau, reporter photographe, quand je suis dans le creux de la vague, quand mes objectifs me paraissent bien loin, quand la peur de ne pas y arriver m’étreint, quand je manque d’ouverture et de courage, j’ai une pensée affectueuse pour Anne-Sophie Mathis, jeune femme exemplaire, une référence à laquelle je me raccroche pour retrouver l’envie et la bonne trajectoire. »

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Je me bats dans la vie comme sur le ring

« Le 2 décembre 2006, moi, Anne-Sophie Mathis, je deviens championne du monde de boxe anglaise. Le même soir, j’apprends que mon père a lui aussi été boxeur. A sa mort, j’avais treize ans et j’ignorais qu’un jour je mettrais les gants à mon tour. Je suis devenue « AS » : 1,78 mètre, 63,5 kilos en poids de combat, quadruple championne du monde en catégorie super-léger. Mon palmarès en 2012 : 26 victoires dont 22 avant la limite et 18 par K-O. Sur le ring, je suis une machine de guerre programmée pour gagner. Dans la vie, je suis Anne-so, maman célibataire, habitant dans la région de Nancy. Je boxe, c’est un sport d’hommes assorti d’une sale réputation. Très récente, la boxe féminine n’en finit pas d’intriguer. A ceux qui me demandent si je n’en ai pas assez de prendre des coups, je réponds : « Boxer n’est pas cogner. » A ma fille, qui considère ce métier comme un voleur de maman, vu mon emploi du temps chargé, je dis : « C’est mon travail, je l’aime et il a le mérite de nous faire vivre toutes les deux. » Même si la boxeuse est assez mal payée. La boxe est riche d’une histoire forte. Ce sport m’a permis de soigner une solitude et une douleur sans nom. J’ai voyagé, j’ai rencontré d’autres athlètes, mais aussi des capitaines d’industries, et puis, surprise de taille, j’ai découvert la gastronomie et le bon vin. Malgré les difficultés matérielles, malgré la question de l’avenir, la boxe est ma plus belle rencontre. »

AS. Texte et Photos © Bernard Chubilleau

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