Jean-Michel FAVARD et Jean-Louis FABERT, dans la roue des « forçats » de la grande boucle

Ce n’est qu’une étape réservée aux cyclistes amateurs. Mais c’est une étape du Tour de France. Ou du moins elle se court dans les mêmes conditions : même parcours, même assistance technique et médicale, la route étant, ce jour-là, ouverte par les motards de la gendarmerie. Parmi les 8 500 concurrents au départ le 11 juillet dernier, l’on comptait deux cheminots de l’Even Nord-Aquitaine de Périgueux, Jean-Louis Fayard et Jean-Michel Faber, tous deux licenciés au Cyclo-club de Razac. « Chaque année, une étape du Tour est choisie pour les amateurs, en général dans une région où les dénivelées sont fortes. Nous avons déjà couru celle de Tarbes-Luz-Ardiden en 2001, Aime-la-Plagne-Cluses en 2002, Pau-Bayonne en 2003 », explique Jean-Louis Fayard. » Cette année, il s’agit pour eux de franchir les 237 Km qui séparent Limoges (Haute-Vienne, altitude : 320 m) de Saint-Flour (Cantal, alt : 886 m). Cette course est devenue pour nos deux compagnons le défi annuel, autour duquel s’organisent tous leurs entraînements. Très impliqués dans leur vie professionnelle (Jean-Louis est adjoint au pôle Qualité Sécurité, Jean-Michel est correspondant aux achats ), ils sont aussi des bénévoles passionnés : le premier est président du Club olympique de Périgueux Ouest (le COPO), le second président du Cyclo-club de Razac. Ce sont également des sportifs accomplis : Jean-Louis était joueur de rugby en 3ème division puis triathlète, et Jean-Michel footballeur en promotion de 1ère division puis tennisman classé en 3ème série. La quarantaine venue, tous deux ont décidé de lever le pied, sans pour autant abandonner le sport. Ils ont choisi de s’adonner au vélo, par goût de l’effort et de l’évasion.

Favart-Fabert

Bien qu’ils aient reconnu le parcours des mois avant le départ, celui-ci les a surpris le jour venu. « Ce ne sont ni les Alpes, ni les Pyrénées, mais ce n’est pas facile pour autant. Nous avons été étonnés par la rudesse des côtes du Limousin, et plus encore par leur répétition. Cet enchaînement d’une quinzaine de pentes, que l’on pensait identiques à celles de la Dordogne, nous a causé bien des soucis dans les 120 premiers kilomètres. Cela représente en fait, un dénivelé cumulé de 4 000 mètres environ, avec un rythme évidemment cassé à chaque reprise d’ascension. Nous avons dû nous remonter le moral réciproquement. » Ils sont arrivés trois heures après le premier. Une performance honorable qui, d’ailleurs, ne les soucie pas. « Notre but est de partir et d’arriver ensemble. Là est notre seule victoire. Maintenant, nous allons penser à récupérer dans la quinzaine qui vient. C’est le temps nécessaire, car nous ne sommes pas habitués à de si longs efforts. »

Texte et Photos © Bernard Chubilleau

Laisser un commentaire